L'agentivité au coeur des contraintes
À 200 km de la ville la plus proche, le village de Parent vit un isolement extrême. Sa population fluctue au rythme des saisons et, aujourd'hui, sa survie dépend grandement de sa connexion avec La Tuque. Ce projet s'éloigne du plan d'urbanisme rigide pour proposer une architecture de soutien : une intervention flexible qui transforme l'isolement en levier d'action pour les habitants.
L'intervention cible quatre piliers du village, l'hôtel, l'église, la gare et l'école, pour y intégrer des fonctions vitales. Le projet propose d'habiter et de transformer ces structures existantes : la nef de l'église devient un refuge d'urgence doublé d'un espace de production alimentaire à l'année. L'école s'ouvre au partage de connaissances techniques en devenant un atelier de menuiserie partagé, tandis que la gare renforce son rôle de pôle d'échange, passant du simple transport à un centre de mémoire vive. Enfin, l'hôtel s'adapte aux séjours de longue durée en intégrant une cuisine communautaire et une épicerie locale.
Plutôt que de construire entièrement à neuf, le projet s'appuie sur ces repères familiers pour renforcer leur rôle social. En s'alliant à ces structures existantes plutôt qu'en les remplaçant, l'architecture ne cherche pas à s'imposer, mais à activer le potentiel dormant du territoire, devenant un moteur de rencontre et de résilience.
Le cœur du projet repose sur un système constructif évolutif et dimensionné pour l'échelle humaine. Conçu pour être assemblé et transformé par la communauté, ce dispositif n'est plus un objet fini, mais un outil vivant. En simplifiant les détails techniques et en utilisant des matériaux accessibles, le projet redonne aux résidents les moyens de façonner eux-mêmes leur cadre de vie.